Les animaux de Sophie Sainrapt sont étrangers au monde comme les pensées les plus chers de Francis Ponge. Dans son poème intitulé Drame de l'expression l'écrivain justifie la particularité de son art ainsi : « Mes pensées les plus chers sont étrangères au monde, si peu que je les exprime lui paraisse étranges. Mais si je les exprimais tout à fait, elles pourraient lui devenir communes. Hélas ! Le puis-je ? Elles me paraissent étranges à moi-même. J'ai bien dit : les plus chères... »
Une suite (bizarre) de référence aux idées, puis aux paroles, puis aux idées. Ce poème et d'une flexibilité inouïe. Le travail sur papier de Sophie Sainrapt (les érotiques et le bestiaire) rejoint l'art de ce type de poésie.
Les images disent ce qu'elles veulent dire. Elles disent aussi ce qui leur échappe.